Trail des Citadelles

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 « Retour sur l’ascension des châteaux cathares »

 ou comment remonter la rivière de la passion sportive:

Août 2014, sur les bords de l’Aude près de Quillan lors d’un énième apéro post rafting : « De toute façon les kayakistes vous ne savez pas courir » !! Bon sang, ce local pyrénéen cherche le conflit, l’affrontement ! Certes, le pagayeur ne fait pas de footing de gaieté de cœur, cherchant plutôt l’écume à l’asphalte ou le chemin, mais il ne laisse pas ce genre de généralité circuler dans la vallée ! « Nous ne dévoilons que très peu nos talents d’endurance, lui répondis-je, et c’est seulement sur des courses nature que nous nous exprimons ! Il y a une course populaire chez vous, histoire que tu ravales ton blasphème ? ».

Et voilà, il avait suffi de quelques verres et d’un seau de cacahuètes pour être inscrit le soir même au Trail des Citadelles, course locale mythique, où le beau temps n’est jamais au rendez-vous, où le froid, même au mois d’avril, peut vous saisir jusqu’à l’os !! Trois distances au programme : 21 km (1200m D+), 40 km (2200m D+) et 73 km (3300m D+). N’ayant couru qu’un semi-marathon dans ma vie, le 73 km me semblait un objectif insurmontable !! Le 40 km semblait jouable !! Bon bah, je vais m’entraîner. Et comme la course en solitaire peut être fastidieuse, le soutien d’un groupe d’entraînement stimulera la bête. Combes et Crêtes fait du trail ? Dans mon village à Beaumes de Venise? Bon bah feu !!

[/vc_column_text][vc_separator color= »grey »][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column width= »1/4″][vc_single_image border_color= »grey » img_link_target= »_self » title= »courir sur des sentiers chargés d’histoire » image= »3707″][/vc_column][vc_column width= »3/4″][vc_column_text]

La veille du défi :  18 Avril 2015

Me revoici sur les lieux, près à assiéger les châteaux cathares. Le pyrénéen m’accueille. En grand prince de l’hospitalité, il m’emmène sur le terrain afin de reconnaître quelques passages clés, les montées raides, les deux châteaux que nous allons traverser (Monségur et Roquefixade). Tiens c’est cocasse, arrivée au sommet de l’un, nous voyons le deuxième ! Mais bon sang, qu’est-ce qu’ils semblent éloignés… L’atmosphère des lieux transpire l’histoire, et mon hôte, Alain, passionné des croisades et dehistoire1s contes chevaleresques me raconte les aventures qui se sont déroulées sur ces terres il y a quelques siècles ! Nous transpirerons sur des terres où les armées aragonaises ont bataillé pour saisir le Roussillon !! La course sera, je l’espère, plus pacifique ! Suite de la journée : récupération des dossards à Lavelanet en plein pays d’Olmes ville de départ et d’arrivée. Apéro, repas de petit champion et repos avant le départ de demain. Coup d’œil à la météo : c’est confirmé, tradition oblige ce sera pluie et vent !!

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column width= »1/2″][vc_text_separator title= »A l’approche du départ » title_align= »separator_align_center » color= »grey »][vc_column_text]

Le jour J : 19 Avril 2015

5h30 réveil pour le ptit déj complet (départ de la course à 8h).  Çà c’est du sérieux au niveau nutrition.

La nuit sous les toits m’a confirmé que la pluie était déjà lancée. Pas facile de sortir du lit… Check up complet des affaires, préparation des barres et autres rations de secours et hop, faut y allez les amis !

carte1Sur place, le speaker nous apprend qu’il a plu toute la nuit et que le terrain risque d’être fort gras. Surtout que 400 « animaux » du 73 km auront déjà retourné le terrain ! J’hésitais à courir avec les bâtons, mais je me dis que vu la patinoire annoncée dans les descentes ils ne seront pas de trop.

Échauffement de 10 min, étirements. J’ai juste le temps de me placer dans la foule du départ que PAF coup de feu et « bonne course à tous » scande le speaker. On y est !! A nous la vie de château, enfin presque ! A nous les Citadelles.

[/vc_column_text][vc_text_separator title= »Après QUATRE heures de course » title_align= »separator_align_center » color= »grey »][vc_column_text]

12h00 : le hameau de Raissac , 35 km. Ça sent le Barbecue ! Mes mollets souhaitent s’échapper de mon corps !! En face se dresse la dernière montée, l’ultime rempart avant Lavelanet. 1 km de montée où l’ensemble des coureurs passent au stade marche. Au milieu de l’ascension, un hurlement sur ma droite !! Un quinquagénaire agrippé à un arbre tente de supprimer ses crampes !histoire2

12h52 : Arrivée en vue !! La dernière montée s’est vraiment jouer dans la tête ! L’ensemble des troupes arrivent à un stade où tu es pleinement en voyage avec ton corps : certains tiennent le coup, d’autres craquent complètement et sont assis le regard vide sur un tronc d’arbre ou une pierre, le corps meurtri. Pour ma pomme, je me sens mieux ! La vue de la ville qui semble toute proche en est certainement responsable ! La dernière descente est raide et grasse ! La foule est au pied de celle-ci et n’attend qu’un faux pas pour jouir d’une glissade impériale. Je ne leur fourni pas ce plaisir !! Encore 500 m !! Ça y est, ligne d’arrivée, bouclage des 40 km. Le Speaker énonce mon nom au micro ! Je ressens un sentiment de bien-être, une fierté même d’avoir terminé.

Je crois que j’ai gardé le sourire non-stop pendant une grosse heure. Je demande le chrono et la place: 4h52 et 54ème !! Extase, exaltation !! Alain finira en 5h10, 87 ème. Il paiera sa bière !!

                                                                                                                                FLORIAN

[/vc_column_text][/vc_column][vc_column width= »1/2″][vc_text_separator title= »Au fil du temps , au fil de l’eau » title_align= »separator_align_center » color= »grey »][vc_column_text]

d’Heure en Heure, ou de Château en Château

8h10 : Je suis la foule qui s’étire tranquillement accompagné de mon hôte, Alain, qui, montre en main m’annonce que nous partons un peu vite. Pas de montre de mon côté, la course se fera au feeling, les sensations intrinsèques étant, personnellement, les meilleurs critères ! Au départ, on s’est rajouté un autre défi : réaliser la course en moins de 5 heures ! Chiche !

Alain_Flo_pas loin du départ

9h (environ) : Arrivée au premier château, Monségur. C’est marrant les premiers descendent du château alors que tu n’as pas encore commencé l’ascension !! Je m’amuse à compter les gens que je croise en montant et me rends compte que je suis dans les 60ème. La montée est cassante : des marches entre 20 et 50 cm jusqu’au sommet dans un chemin large de 1m, 1m50 où se croisent ceux qui montent et ceux qui descendent ! Un beau bordel. A la descente, le coureur devant moi fait un de ses vols et fini dans un buis. Je l’aide à se remettre sur pied, et constate que son genou est ensanglanté. Il ne peut plus poser pied par terre, la course est terminée pour lui. Monségur est impitoyable et nous ne sommes pas au temps des Cathares!

9h30 : 1er ravitaillement 14 km. RAS à part quelques tensions aux niveaux des mollets. Mon compatriote m’a laissé partir et je fais course seul. Les premières descentes raides dans la forêt sont vraiment boueuses et ça glisse de longue ! Faut être concentré pour éviter de finir le nez dans la boue !

Flo_du côté de monségur

10h15 : Montée de Roquefixade. Mon dieu comme c’est hardcore !! Les mollets rentrent dans la phase haute tension et je me dis que j’aurai du mettre un slip sous mon short… Nous longeons une crête après le château et j’admire le paysage purement magnifique qui nous entoure ! Quelques supporters nous stimulent. Je crois que c’est dans ces moments-là que tu ressens l’énergie du « public » !

11h00 : 2ème ravitaillement 28 km. Là, je rentre dans le dur. J’ai dû

partir trop vite, je le sens !! Le chemin continu sur un chemin relativement plat et je n’arrive pas à suivre le rythme. Cardio : OK ; Alimentation : OK ; Jambes : autodestruction !! De toute ma vie, je n’ai couru aussi longtemps et mes jambes en sont les témoins directs ! En plus, ayant mal regardé l’itinéraire, j’étais persuadé que le 2ème ravitaillement n’était qu’à 6km de l’arrivée. Je demande confirmation à un coureur que je suis depuis une trentaine de minutes. « Ahhh mais non malheureux, on n’est qu’au 28ème, il en reste 12 !! ». Mamamia !! Paf prends toi ça le moral !!

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